
Il est plaisant, parfois, d’avoir un déjà vu.
Et c’est justement ce que les Cowboys Fringants ont eu la semaine dernière, en se livrant pour la deuxième fois depuis un mois au lancement d’un nouvel album.
Sur un air de déjà vu n’est toutefois pas un retour à l’autre nouvel album. Il s’annonce dès la première piste plus jovial que L’expédition, dans les bacs depuis le 23 septembre.
Cette première pièce, intitulée Chanteur pop, sert à distancier d’entrée de jeu les Cowboys d’une catégorie dont ils font sûrement partie. Celle des stars.
Motel Capri, Break syndical et La Grand-messe successivement en 2000, 2002 et 2004 ont fait des Cowboys rien de moins qu’un groupe pop. Ce n’est pas un reproche. Juste une remarque.
On ne peut pas qualifier autrement un groupe dont les succès tournent coup sur coup à la radio, qui se mérite des prix Félix et dont les vidéoclips se classent régulièrement sur le palmarès de MusiquePlus.
En revanche, la formation dont les racines sont à Repentigny a toujours su se tenir loin de la norme pop. Le violon et l’accordéon sont toujours aussi audibles aujourd’hui qu’il y a dix ans.
Et c’est dans ce contexte que paraît Sur un air. Forts de la parution de L’Expédition (un album décidemment posé), les Cowboys se devaient de lancer cet opus rythmé qui porte sur des thèmes dont la vie au cégep, des personnages curieux et les régions québécoises, le tout parsemé de rimes qui font sourire.
C’est du Cowboys quintessentiel, quoi (notons aussi le passage de Jipi et Gina!).
L’auteur-compositeur-guitariste du groupe, Jean-François Pauzé, a expliqué au quotidien La Presse à l’occasion de la sortie de L’Éxpédition qu’il avait proposé aux autres membres 29 chansons pour ce disque. Le groupe a donc décidé d’y aller d’un album plus officiel, suivi d’une collection de « semi B-sides ».
J’avoue qu’il y a des pièces sur l’album qui ressemblent à des rejets et des expériences, dont Döner au suivant et Le blues d’la vie. Mais somme toute, Sur un air est un album qui se tient debout tout seul. Comme Break syndical sans Mon chum Rémi et peut-être Toune d’automne.
Jean-François, Marie-Annick, Karl et Jérôme confirment sur ce disque qu’ils sont toujours le même groupe de fêtards âgés de 18 ans et non seulement les trentagénaires informés qu’ils incarnent sur L’Expédition. Ils ne sont pas non plus juste un groupe pop.
Sur un air est maintenant en vente sur iTunes et sera en magasin à la mi-novembre.
P.S. Écoutez 1994 et confirmez mon hypothèse que c’est une semi suite à Banlieue.
P.P.S. Chapeau au groupe pour le clin d’oeil à l’Acadie dans la chanson titre de l’album. Même si n’est que pour nourrir des clichés.